Accueil du site > Actualité > L’église de Mana a été inauguré avec un public venu de toute la Guyane (...)

L’église de Mana a été inauguré avec un public venu de toute la Guyane ?

Une inauguration de l’église réussie.

mercredi 21 mars 2007

Ce dimanche toute la Guyane était réuni à Mana pour inaugurer la toute nouvelle église. Construite en 1840 par Anne-Marie Javouhey c’est la 4ème rénovation qu’elle subit et les Mananais et l’ensemble des visiteurs qui étaient présent se réjouissent de la qualité des travaux réalisés. Parler d’une église, la fêter, la bénir, c’est quelque part célébrer la foi de quelqu’un, d’un groupe, d’un peuple. Ici c’est l’église d’Anne-Marie Javouhey qui nous réunit et c’est sa foi, sa piété, sa joie spirituelle dont il faut parler.


Photos Laurent Magloire

Présentation de l’église d’Anne-Marie Javouhey

Anne-Marie Javouhey arrive à Cayenne le 10 Août 1828 pour la première fois et elle s’installe à Mana vers le 27 Août et dès le 17 Septembre1828, elle écrit à sa soeur Marie-Joseph à Bailleul :

"Nous sommes dans notre cher Mana depuis dix jours, nous avons établi la chapelle dès notre arrivée, elle est charmante" et elle complète dans une autre lettre de la même époque :"Notre chapelle est quatre fois plus belle que celle de Cayenne. Nos frères et nos soeurs ont chanté à merveille ; il me semblait être dans un pays enchanté où Dieu faisait sentir sa présence d’une manière toute particulière."

Construction très positive et vite mise en place, cette chapelle ne dura pas. Nous apprenons par des lettres postérieures d’Anne-Marie qu’elle dû être remplacée en décembre 1829.

Anne-Marie Javouhey écrit alors à sa soeur Marie-Thérèse à la Martinique, le 10 décembre 1829, donc une bonne année après : "Nous venons de bâtir une charmante chapelle : un choeur pour les religieuses et un pour les hommes et les étrangers". Ce qu’il faut souligner ici, c’est le souci d’Anne-Marie de ne jamais laisser la communauté humaine confiée à ses soins sans la présence de son Dieu. "Il a planté sa tente parmi nous" et il faut lui donner une tente. La Communauté humaine qui vit alors à Mana c’est celle de jeunes colons français venus défricher la terre. Cette seconde chapelle vite construite aussi, dura un peu plus longtemps. Elle permit à la Communauté chrétienne de Mana de se réunir et de prier jusqu’en 1840 et elle ne fut pas un ornement inutile : voici comment s’organisait la vie du bourg de Mana.

Messe à 4h 30. Tous y participent. La messe se prolonge dans une prière commune qui commence vers 5h et s’achève à temps pour que chacun se prépare pour le travail, fondamentalement manuel, qui commence à 6h 30 le matin et se termine à 10h.

Anne-Marie Javouhey prend soin de sa grande famille. On s’arrête donc aux heures chaudes pour aller apprendre à lire et à écrire...et un peu plus, car beaucoup de ces jeunes adultes français étaient analphabètes la Révolution française avait beaucoup détruit et les blessures et plaies n’étaient pas encore pansées partout et pour tous. Le travail dans les champs et les ateliers reprenait à 14h pour terminer à 18h. La prière du soir rassemblait de nouveau toute la communauté à la chapelle. Ce deuxième lieu de culte connut une plus longue existence. Il fonctionna jusqu’en 1840. Mais entre temps le visage du bourg de Mana avait bien changé : nous n’étions plus aux tâtonnements du début . Depuis 1836, et sur demande du gouvernement français, 500 anciens "esclaves" peuplaient le bourg. 1838 avait sonné l’heure de leur libération et Mana était une terre de liberté où grandissaient à tous points de vue des familles bien établies.

Le rapport officile du 25 juillet 1840

signale que la population est dans un état de prospérité étonnante. Le Capitaine de Vaisseau Charmasson écrit : "les cases à Mana sont bien et solidement construites ; j’en ai visité un assez grand nombre ; elles étaient généralement propres. Il en est beaucoup qui annoncent que les idées de "confortable" commencent à s’introduire parmi les noirs : un bon lit, table, chaises. Un peu de vaisselle indique plus de soin et de propreté dans la préparation des aliments. Il est à remarquer que les cases les mieux tenues sont celles des jeunes ménages...".

Anne-Marie songe alors à une église. La chapelle était devenue trop petite et trop vieille. Les travaux commencent début 1840. Et Anne-Marie en suit la progression avec Amour. En janvier 1840, elle écrit : "Notre belle église est montée, cela me donne un vrai plaisir, nos travaux marchent à grand pas.

Mars 1840 :

"Notre belle église vient d’être couverte, j’espère qu’on y dira la messe pour la Fête Dieu. C’est un bel édicfice pour un désert comme le nôtre.

Avril 1840 : Notre église avance, elle sera bien jolie.

Juillet 1840 : à l’Amiral Rosamel :

"l’église nouvelle va être achevée dans quelques temps. Elle sera belle et vaste pour la population dont une partie ne pouvait trouver place dans l’ancienne. On a ajouté à la chapelle neuve, et y attenant tout-à-fait, une maison construite en même temps pour la Congrégation des soeurs, et qui forme avec l’église un bâtiment de 47 mètres de longueur sur une largeur de 12m 70".

Enfin, le 1er Mars 1841

 : "Depuis 4 mois on célèbre l’office divin dans notre nouvelle église, qui n’est cependant pas entièrement achevée et qu’il nous faudra maintenant orner de manière décente ".

Le 10 Août 1840, elle écrivait déjà

 : "Notre cher Mana va bien, très bien ; notre belle église sera achevée pour la Toussaint ; mon Père Guillier viendra en faire l’inauguration ainsi que celle de la Communauté qui tient à l’église (cette communauté est devenue l’actuel presbytère). Les religieuses seront parfaitement ; elles vont de plain-pied à deux tribunes de chaque côté du choeur par en haut, et dans le bas de même, dans une seconde sacristie qui entre dans l’église par la chapelle de Saint-Joseph. On a fait un beau parquet en bois de différentes couleurs dans le choeur et dans les deux chapelles".

Quant à notre historienne, soeur Léontine Fontaine, elle en parle de la façon suivante :

"L’église fut, en grande partie construire avec les seuls matériaux qu’offrait la localité c’est-à-dire avec les bons et les beaux bois dont se trouvaient couvertes les solitudes de Mana. Les travaux marchèrent assez vite pour que l’édifice pût être bénit par le préfet apostolique au mois de septembre 1841. Mais l’ornementation intérieure et l’ameublement ne se complétèrent qu’à mesure que les ressources arrivaient, et la Révérende Mère n’en vit pas même la fin. Elle laissa le soin d’y mettre la dernière main à la Mère Isabelle, sa remplaçante à Mana. L’autel principal, les deux autels latéraux furent faits en magnifique bois d’acajou et l’on parqueta le sanctuaire avec des bois de couleurs nuancées qui formaient comme une riche mosaïque par leur variété. Deux fort belles statues surmontèrent, plus tard les autels dédiés à la Sainte Vierge et à Saint Joseph. Au dire des témoins oculaires, l’église de Mana, petite il est vrai, car elle ne dépasse pas de beaucoup en proportions, celle de notre Maison Mère, est la mieux ornée et soignée des églises et chapelles de Guyane".

Enfin, le Capitaine de Vaisseau Charmasson, à la fin de 1841, fait le compte-rendu de sa visite à Mana et il écrit :

"L’église est terminée, l’édifice répond à sa destination : il est assez grand pour recevoir une population plus considérable que celle d’aujourd’hui. Madame la Supérieure Générale a profité de la présence de Monsieur le Préfet Apostolique, qui m’avait accompagné, pour la faire bénir.

Toute la population assistait à cette cérémonie. Hommes et femmes étaient en habit de fête : ils faisaient plaisir à voir".

Pour la petite histoire, nous pouvons signaler que cette église menaçait déjà ruine en 1909. On pensa la démolir pour en élever une autre mais les mananais s’y opposèrent : "C’est la Chère Mère qui l’a fait bâtir, personne ne fera mieux qu’elle". L’architecte ayant examiné les fondations assura qu’elles étaient solides et on se contenta de faire des réparations.

Et aujourd’hui, grâce à Monsieur le Maire de Mana, Monsieur Georges PATIENT, et grâce aux Monuments Historiques de France, nous pouvons de nouveau jouir de cette église qui a été le fruit de la foi d’Anne-Maire Javouhey et comme autrefois Monseigneur Guillier, Monseigneur Lafont nous l’a bénit aujourd’hui pour une vie chrétienne plus féconde.

Liens :
Samedi soir malgré la pluie les mananais ont répondu à l’invitation de la congrégation devant la Mairie de Mana ?
Mana est fière de montrer que les descendants des « premiers bâtisseurs » ont su garder cette précieuse maison témoin de leurs joies.
Le groupe voix et guitare de Pascal MONFORT a fait sensation vendredi 16 mars pour l’ouverture du bicentenaire à Mana ?


Portfolio